S01E02 – De l’éducation 2.0 : le fil de l’étonnement par David

by Arts et Littératures

L’école, moi, ça me fait penser à Monsieur Lale, mon directeur de primaire, à Monsieur Nogues, le proviseur de mon lycée ou bien encore aux passionnants échanges que j’ai pu avoir tout au long de ma vie de jeune adolescent studieux, et pas forcément hyper à l’aise.
L ‘école c’est les copains, les copines, la socialisation, les amis qui vous ressemblent et ceux dont vous avez tout à apprendre parce qu’ils sont en apparence très différents, c’est les booms, les invitations, la popularité ou l’impopularité, bref le regard de et sur l’autre.
C’est cette confrontation à l’autre au sortir du cocon familial qui nous forge pour partie me semble-t-il.
Mais c’est aussi, bien entendu l’enseignement. La place du maître, l’institution.
Et les matières apprises.
On apprend du maître qui détient le savoir et vous le transmet, et vous l’écouter. La chaîne de transmission traditionnel hérité des temps anciens, des fonctionnements séculaires en passant par le compagnonnage.
Et puis un bouleversement tout de même dans ce rapport que j’avais avec l’apprentissage. Oh un petit truc, trois fois rien ! Internet, que je découvre au siècle passe, en 1997, alors que je suis étudiant à l’Université aux États-Unis en business international.
Et puis quelques années après les MOOC, ces grands centres du savoir numérique.
Je m’inscris à Coursera en mars 2012, à un cours sur la théorie des jeux organisé par Stanford. Je trouve cela magique !
Enfin FUN, France université numérique, la superbe initiative lancée par le gouvernement français qui regroupe la très grande majorité des établissements d’enseignement supérieur de la France. Forcément convaincu par le pionnier américain je m’inscris rapidement.
Et puis aujourd’hui les tablettes et les ordinateurs portables qui fleurissent dans les salles de cours. Il est loin mon cahier de correspondances…
Comment fait-on aujourd’hui ? on tweete aux parents ?
Remarquez, je ne devrais pas m’en étonner, je regarde bien les photos de ma fille à la crèche sur Instagram postées de manière privée par son école alors … ! C’est qu’on s’habitue vite à ces outils !

Alors les amis, j’ai tenté une expérience !
Nous sommes en train de faire notre site web, notre logo, notre identité graphique, à enregistrer notre podcast mais aussi à faire ce qu’on appelle le mixage, l’édition.
J’ai tenté d’apprendre à faire tout cela uniquement avec les outils modernes.
J’ai cherché plein d’informations sur internet : des vidéos ; des articles, des cours ; j’ai contacté des personnes, dans plein de pays. Bref je me suis autoformé comme on dit.
Autoformé ? En fait non pas du tout, car ce que j’ai appris je l’ai appris des autres.
Parfois c’était intéressant et concis, parfois l’opposé.
Parfois j’ai rencontré des gens formidables, parfois non.
Lorsque j’étais motivé j’apprenais.
En fait pour ma part ce qui m’a paru le plus différent c’est comment j’ai appréhendé mon rapport au savoir.
Je l’ai vécu comme un apprentissage.
Bien sûr cela n’est pas tout rose et parfois il faut se mettre un coup de pied aux fesses. On est dans une dynamique individuelle dans ce cas-là et non collective.

Mais du coup ça m’interroge…
Va-t-on vers un monde où le professeur, le maître, va disparaître. Comment va-t-on juger de la progression de quelqu’un, de manière la plus objective possible, à terme comment remettre les éléments de validation de ces acquis ? Cela a-t-il encore un sens d’aller dans les meilleurs établissements, le sont-ils encore du reste alors que tout le savoir, ou presque, est disponible à quelques clics de souris ?
Et puis les copains et les copines qu’on se fait sur les bancs des institutions, et qui participent à faire de vous un adulte, que vont-ils devenir ?

David Melki