S01E03 – De la pédagogie 2.0 : les chroniques de San Francisco par Barbara

by | Sciences humaines et sociales

Comment ça vous critiquez les tablettes, l’équipe de Tech Me to The Moon ? N’avez-vous pas, vous enfants nés sous la génération X, « grave kiffé » la première fois que vous avez tenu un iPhone dans vos mains ?
Alors s’il vous plaît, souvenez-vous comment cette prouesse technologique vous a émerveillé avant de lui faire procès.
Souvenez-vous de ce sentiment de maître du monde lorsque vous avez posé délicatement vos doigts sur cet objet tactile qu’aujourd’hui vos enfants martyrisent à coup d’index pour claquer des ballons ou déplacer des trains.
Mais à vous écouter cette ère d’émerveillement est en plein déclin.
Les écrans passeraient donc, dans une phase de régulation un peu à la façon de l’agro-alimentaire il y a 15 ans, quand on a constaté que manger des produits industriels bourrés de conservateurs et de sucres ça rendait les gens malades et obèses.
Alors attention je ne vous dis pas qu’il faut faire appel au gouvernement pour réguler comme on l’a fait avec l’agro-alimentaire, car je préfère qu’il consacre du temps à l’égalité, je dis juste, qu’il est temps de faire appel à notre sens critique pour ne pas laisser les écrans se nourrir de nos cervelles et ne pas jeter nos enfants dans la gueule du loup.
Comme vous l’aurez compris, je me rallie, le temps d’une chronique, de votre côté pour dire :
« Les écrans c’est tabou, on en viendra tous à bout ! »
En même temps je croise fort les doigts pour que mes copains américains ne me comprennent pas car ils n’aimeraient pas voir des emplois partir en fumée parce que des parents auraient eu la bonne idée d’acheter un jeu de cartes pour jouer en famille, et s’éloigner des écrans.
D’ailleurs ce jeu de team building familial existe ! Je l’ai créé afin de tisser des liens de solidarité, de partage et de bienveillance en famille tout ça loin des écrans et en moins de 15 minutes par semaine. Vous pouvez le trouver à la Fnac ou sur Amazon sous la forme d’un beau coffret de cartes nommé « arrêter d’être débordée. »
Ce qui est très drôle avec ce jeu c’est qu’à sa sortie il y a un an, les mêmes parents qui s’interrogent aujourd’hui sur l’utilisation excessive de la tablette m’ont demandé si mon jeu existait sous forme d’application !
C’est donc bien la preuve que le parent est paradoxal, et qu’il peut avoir envie de réduire le temps passé par ses enfants derrière un écran tout en dégainant l’IPad pour le petit dernier dès qu’il a besoin lui-même de checker sa page Facebook sur son téléphone portable !
Mais « je ne vous jette pas la pierre Pierre », car je sais bien que lorsqu’on devient un parent on fait ce que l’on peut, et pas souvent ce l’on veut.
Et ça les américains de la Silicon Valley le vivent aussi très bien. Ils font ce qu’ils peuvent il faut le savoir.
Pour ne pas passer pour des dinosaures par exemple ils sont obligés de changer de téléphone tous les 6 mois, les pauvres !
Et comme ils ont une conscience écologique, non pardon, une conscience économique ils n’ont pas d’autre choix que de donner leur vieux téléphone d’environ 6 mois d’âge à leurs enfants !
Vous comprenez mieux pourquoi les enfants de 10 ans équipés d’un iPhone 6 vous demandent
– « Eh madame c’est quoi la marque de ton téléphone ? »
Et quand vous répondez :
– «  C’est un iPhone voyons mon enfant »
Ils vous répondent :
– «  Alors ça, ça m’étonnerait parce que j’en ai jamais vu des comme ça ! »
Je parle d’iPhone parce qu’il faut avouer que cet objet est tout simplement génial.
Saviez-vous que l’on peut même apprendre à compter aux enfants avec et sans l’allumer ?
Il suffit de lire iPhone 1, iPhone 2, iPhone 3, …
Sauf que voilà, depuis peu nous rencontrons un grand problème dans la Silicon Valley.
Depuis que Steve Jobs n’est plus, tout fout le camp.
Apple vient de baptiser son dernier iPhone avec une lettre condamnant ainsi les enfants à ne compter que jusqu’à 7 !
On ne peut donc que regretter, ou pas d’ailleurs, cet homme éclairé qui avait décidé comme Bill Gates d’ailleurs, d’élever ses enfants loin des écrans.
Et oui je sais ça fait bizarre comme information. C’est un peu comme si je vous disais que l’Uncle Ben n’a jamais de riz ou que les grands-mères de Tipiak n’ont jamais cuisiné.
C’est donc sûrement le bon moment, de commencer doucement à changer les choses, comme on l’a fait en arrêtant d’acheter des raviolis en boite.
Par contre cette fois, c’est décidé, je ne me laisserai pas culpabiliser comme je l’ai fait dès que j’ouvrais un petit pot Bledina il y a 15 ans.
Parce que je dis non à la culpabilisation systématique des mères qui travaillent et s’occupent encore de 70% des tâches ménagères et qui ont pour seul répit, après une journée trépidante, l’épisode de Tchoupi disponible instantanément sur YouTube et pour seul calumet de la paix pour séparer 2 guerriers de 6 et 8 ans que d’offrir 30 minutes d’iPad !
Alors laissez-moi pousser un cri d’alarme au nom de l’égalité, arrêtez de culpabiliser et stéréotyper les mamans, dans au moins 70% des articles que j’ai lu sur l’utilisation abusive des tablettes c’est une mère qu’on a photographié pour illustrer le sujet !
Donc s’il vous plait, Messieurs les journalistes, faites un petit selfie avec votre iPhone ou votre iPad la prochaine fois que vous voulez illustrer le sujet !

Barbara Mayer