S01E08 – De l’argent 2.0 : les faits par Sébastien

by Économie et Gestion

On a vu émerger ces dernières années de nombreuses solutions de paiement totalement digitalisées et permettant de se passer entièrement de la monnaie fiduciaire, celle qu’on a dans la poche ou dans le porte-monnaie, les fameuses pièces et billets auxquels nous sommes tant attachés. Selon une étude récente de la BCE, en 2016, 79 % des paiements dans le commerce de détail, en magasin, sont réalisés à l’aide de cash dans les 19 pays de la zone euro. La France se situe en dessous de la moyenne : le cash représente 68 % des opérations et 28 % en valeur.

Je ne sais pas pour vous mais personnellement je n’ai plus un seul euro en poche depuis déjà un bon moment, je suis même gêné lorsqu’il n’y pas d’autre moyen de paiement que le cash. D’ailleurs, l’autre jour nous étions au marché avec ma femme pour acheter un peu de viande chez le boucher dans l’optique de préparer un hachis parmentier que les enfants adorent, et au moment de passer à la caisse, la bouchère au demeurant fort sympathique nous a gentiment expliqué qu’on ne pouvait pas payer autrement qu’en argent liquide nous obligeant ainsi à chercher un distributeur automatique dans la ville pour pouvoir accéder à notre Graal de la matinée, la fameuse viande hachée pour réaliser notre plat préféré.

Et ce n’est pas la première fois que cela nous arrive, nous avons régulièrement cette discussion difficile avec le pizzaïolo en bas de la maison ou dans certaines zones touristiques à l’étranger.

Ainsi les états tentent de trouver tous les moyens de limiter la circulation d’argent liquide. En Suède par exemple où, selon un article de La Tribune, la proportion de paiement par cash dans les commerces est tombée de 40 % (2010) à 15 % (2016). L’objectif affiché bien sûr étant de limiter voir supprimer le « black » et le blanchiment d’argent sale dans l’économie.

Si l’on s’en tient aux chiffres de l’OCDE, les pièces et les billets en Europe ne représentent que 1034 milliards d’euros quand les transactions en monnaie scripturale représentent 9959 milliards d’euros. La monnaie scripturale étant l’argent disponible uniquement sous forme de 0 et 1 sur les comptes dans les systèmes d’information des banques. Des chiffres qu’il est toujours bon de donner surtout quand on fait la comparaison avec les cryptomonnaies par exemple dont on a souvent la fâcheuse tendance à penser que le caractère virtuel les rendrait moins respectable que l’argent dit « fiat », celui décrété par l’état.

Mais finalement dans nos pays développés, parler d’argent virtuel est sûrement plus facile que dans les pays en voie de développement comme en Afrique. Par exemple, le taux de bancarisation en Afrique subsaharienne est estimé à 10%, les infrastructures n’existent quasiment pas, la monnaie ne vaut pas grand-chose et les niveaux de revenu rendent difficile l’accès à un compte en banque pour la population. Finalement, dans cette situation on voit émerger des formes de paiements qu’on n’imagine pas en Europe comme le paiement par mobile, j’ai bien dit mobile et pas smartphone. On est donc bien loin de la néobanque ou du paiement NFC.

Du coup, j’ai envie de poser cette question pour aujourd’hui, les néo banques, cryptomonnaies ou encore le NFC vont-ils faire disparaître totalement le cash ? Rien n’est moins sûr.

Réferences :

http://www.lefigaro.fr/international/2017/10/23/01003-20171023ARTFIG00252-la-suede-un-pays-sans-cash.php
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/le-cash-finira-par-disparaitre-la-question-est-quand-banque-de-france-755137.html
https://www.africa24tv.com/fr/afrique-enjeux-de-la-bancarisation-et-inclusion-financiere
https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-marche-du-paiement-vers-un-nouvel-eco-systeme-491389.html

Sébastien Bourguignon