S01E06 – Du repas 2.0 : les faits par Sébastien

by Sciences humaines et sociales

Quand il s’agit de bonne bouffe et de vidéos de chefs qui cuisinent ou de photos de plats appétissants, je plaide coupable. J’ai passé des heures incalculables à regarder des émissions sur les premières chaînes de cuisine en France ou des émissions comme Top Chef, Oui Chef ou encore le meilleur pâtissier. Bien avant qu’Instagram, Facebook, Twitter et consort n’existent, la Food Porn avait déjà émergé. Si vous avez comme moi regardé les émissions de cuisine de Jamie Oliver, j’ai même mangé dans son restaurant le Fifteen à Londres, vous savez de quoi je parle.

D’ailleurs à ce propos, je vous recommande vivement le visionnage de l’excellente émission « Les tribulations culinaires de Phil » sur Netflix. Dans cette émission, on peut suivre les voyages culinaires de Philip Rosenthal un producteur, scénariste et auteur américain qui part en quête des meilleurs endroits où manger dans des villes comme Bangkok, Saïgon ou encore Tel Aviv. On le voit régulièrement en train de jubiler, d’aucun pourrait même dire crier à l’orgasme culinaire en pleine dégustation de mets qui, il faut l’avouer, semblent tous aussi appétissants les uns que les autres.

Mais au fait, on parle de Food Porn depuis quelques minutes sans être un peu revenu sur l’histoire de cette association de mots clés improbables : « Food » pour nourriture et « Porn » comme son nom l’indique pour pornographie.

Selon Wikipédia : « Le terme est apparu pour la première fois aux États-Unis dans le livre Female Desires de Rosalind Coward, en 1984. Selon elle, la pornographie alimentaire résulte de l’acte de cuisiner de jolis plats, accentué par les photographies mettant en valeur les aliments dans les publicités de l’industrie agroalimentaire ou dans les livres de recettes. »

Afin d’illustrer le sujet, il me semble important de revenir sur quelques chiffres comme par exemple le fait que le terme Food Porn a été mentionné plus de 130 millions de fois sur Instagram ! En 2015, 63% des 13-32 ans avaient déjà publié sur internet des photos de nourriture.

L’autre jour, je regardais justement sur mon fil Facebook une vidéo d’un cuisinier dans une guitoune de Street Food en Asie, on le voyait en train de préparer une crêpe à base d’ingrédients qui semblaient tous s’accommoder parfaitement pour donner un résultat que j’aurais vraiment eu envie de déguster. Et puis, sans m’en rendre compte, je suis reparti sur d’autres vidéos qui s’enchaînaient toutes sur le même modèle. J’ai ainsi passé une bonne demi-heure, pour ne pas dire une bonne heure, à regarder ces vidéos hautement addictives.

Mais d’ailleurs, ne serait-ce pas là le piège de la Food Porn, le fait de nous rendre accros à des photos et vidéos d’aliments et de préparations incroyables ?

Et d’ailleurs, je me demandais si vous aussi cela vous faisait le même effet hypnotique ?

Sébastien Bourguignon