S01E09 – De la photographie 2.0 : les faits par Sébastien

by Arts et Littératures

Selon une étude publiée par le site Statista fin 2017, il s’est pris 660 milliards de photos en 2013 quand en 2017 il s’en est pris 1200 milliards, un chiffre qui a quasiment doublé en moins de 5 ans. Une autre statistique intéressante, seul 10,3% des photos en 2017 ont été prises grâce à un appareil photo numérique quand dans le même temps 85% ont été prises avec un smartphone et 4,7% avec une tablette. D’ailleurs, dans un article de novembre dernier publié par Europe 1 à l’occasion des 10 ans du salon de la photo à la Porte de Versailles, on apprenait que même si ce salon accueille toujours plus de visiteurs, en 2017 il s’est vendu 33% d’appareils photos en moins qu’en 2016 !

Il faut dire que la concurrence entre les différentes catégories d’appareils est rude. Ainsi les compacts, ces appareils très basiques qui permettent de prendre des photos amateures de très bonne qualité, ne sont plus du tout différents dans leur rendu que ce que l’on peut obtenir avec un smartphone. À l’extrême les réflexes, plutôt destinés à une catégorie d’utilisateur professionnels ou avancés, sont souvent hors de prix et complexes à utiliser sans une formation ad hoc. À la charnière de ces deux univers technologiques, on trouve les hybrides, ces appareils dont la base est un compact, donc des réglages simples et faciles d’accès, et qui permettent de changer d’objectifs pour s’adapter au contexte. C’est cette dernière catégorie qui reste d’ailleurs plébiscitée par les photographes en herbe.

Le comble du secteur de la photographie est tout de même de vivre avec le smartphone sa deuxième révolution après celle du numérique. Si on revient un peu en arrière, l’invention de l’appareil photo numérique date de 1975, c’est Steven Sasson un ingénieur de chez Kodak qui l’invente. Il aura pu réaliser cet exploit car en 1969, deux scientifiques des Laboratoires Bell, George Smith et Willard Boyle, avaient inventer les capteurs CCD ou dispositif à transfert de charge, cela leur vaudra d’ailleurs un prix Nobel de physique en 2009. Mais surtout cela aura causé la faillite de Kodak elle-même qui aura totalement occulté l’invention de son ingénieur pour se concentrer sur l’argentique et son expertise dans la chimie. Un manque de clairvoyance stratégique qui sert encore d’exemple aujourd’hui dans les business school du monde entier.

Personnellement, je n’utilise plus depuis bien longtemps un appareil photo numérique ou argentique, comme beaucoup mon smartphone répond à tous mes besoins de mobilité. Musique, prise de note, surf sur internet, vidéo et réseaux sociaux, et finalement la photographie n’est qu’une des multiples fonctionnalités apportées par nos téléphones. D’ailleurs, même en vacances j’utilise mon smartphone pour immortaliser les enfants ou les lieux paradisiaques que je visite. Par exemple, en début d’année lorsque je suis allé à l’île Maurice, c’est mon smartphone qui m’a servi à fixer pour de nombreuses années les paysages magnifiques de cette île de l’océan Indien.

Alors l’appareil photo numérique est-il voué à totalement disparaître avec l’évolution des smartphones et de leurs performances ? C’est peut-être une des questions qu’on peut se poser aujourd’hui.

Sébastien Bourguignon