S01E11 – De l’immobilier 2.0 : le fil de l’étonnement par David

by Économie et Gestion

Je vais vous faire une confidence, l’immobilier et moi ça fait douze. Pourtant j’ai un de mes très bons amis dont c’est le métier !
Non, franchement ce n’est pas un sujet que je connais bien. J’ai vécu 15 ans dans le même appartement, pour vous dire.
Cela dit, récemment j’ai déménagé. Et avant, j’ai cherché !
En ce moment des personnes qui me sont proches vendent des biens.
Forcément ça m’a un peu obligé à m’y intéresser.
Et en fait j’ai trouvé cela passionnant !
Un logement ça n’est pas neutre, jamais. On y habite, on y installe les siens.
Et même si c’est pour un investissement, ça n’est jamais un investissement « neutre ». Au-delà des règles draconiennes qui rendent l’investissement complexe, c’est un ancrage dans le long terme, la pierre comme on dit. On achète pour épargner, pour ses enfants. On est très loin du trading haute fréquence, vous savez ces achats ventes d’actions dont on n’est propriétaire que quelques fractions de secondes.
Là on achète pour que ça dure, c’est parfois symbolique. Un sociologue m’a d’ailleurs dit que c’est le premier achat qu’un jeune couple fait traditionnellement dans la plupart des régions de France, juste après le mariage, à l’exception notable de Paris, sans doute du fait des prix élevés j’imagine.
Alors du coup, on se dit que l’arrivée du Web a dû donner un coup de jeune formidable à ce marché !
Le web c’est la rapidité des mises en relation, la vitesse des transactions, l’accès à l’information. C’est super !
Super ?
En fait j’ai été surpris de découvrir que le marché est pénurique sur certains biens et pléthorique sur d’autres.
En gros j’ai parfois l’impression que tout le monde semble vouloir la même chose et du coup l’accélération des transactions n’a peut-être fait qu’accélérer la raréfaction de certains biens. Vous savez, le fameux 2 pièces ensoleillé dernier étage.
Alors du coup on ruse, le marché informel s’est développé ; le fameux bouche à oreille de voisinage.
Et du coup les prix flambent, alors on tente de limiter le phénomène, du coup on limite les prix et les commissions. Du coup les professionnels du secteur, dont c’est le métier, comme tout un chacun essaient d’aller là où ils gagnent leur vie. Qui pourrait les en blâmer ? Du coup on a parfois l’impression que Web et expérience client ne vont pas toujours de pair. C’est bête, il me semblait que le but du web était aussi d’améliorer l’expérience client.
On aurait confondu quantité et qualité ?
Et puis tout ce qui va avec, le crédit généralement souscrit pour l’acquisition. À force de comparer les comparaisons déjà comparés, on lave plus blanc que blanc. On prête à tout va, oh pas en France, nous sommes globalement bien protégés, mais bon les sub-primes ça a quand même fait quelques dégâts. Je ne blâme personne, je constate.

Alors je sais pas vous mais moi je m’interroge.
Est-ce que le web a fait du bien au professionnel de l’immobilier ou pas ?
Cela les aide-t-ils dans leur mission ?
Et les clients, est-ce que le service apporté est meilleur qu’avant, différent, ou moins bon ? Plus, ou plus vite, veut-il forcément dire mieux ?
Ça a tout de même permis à beaucoup de comprendre le marché, les règlementations et d’éviter de commettre des erreurs, non ?

David Melki