S01E07 – De l’entrepreneuriat 2.0 : les chroniques de San Francisco par Barbara

by Économie et Gestion

 

Avant de parler d’entrepreneur à travers le monde, permettez-moi de vous donner le nombre de startups en activité dans la Silicon Valley : environ 5400.

Notez que je parle de startups en activité parce que si chaque jour des startups se créent, chaque jour des startups disparaissent !

En revanche l’entrepreneur, le « founder », le fondateur, le créateur tout puissant, lui, restera à tout jamais un entrepreneur ! Car l’entrepreneur c’est un peu comme un président de la République, une fois qu’il a gagné son titre d’entrepreneur il le garde à vie. Être entrepreneur c’est le graal, le titre suprême, la Rolex 2.1 !

D’ailleurs si tu as 40 ans de nos jours  et que tu n’as pas le mot entrepreneur dans ton profil Linkedin, on pourrait presque penser que tu as un peu raté ta vie !

Mais bon rassurez-vous, comme à l’époque de Ségala et sa fausse Rolex, vous pouvez aussi vous dire entrepreneur même si ce n’est pas tout à vrai. Parce que notez bien que c’est toujours mieux d’avoir le titre d’entrepreneur sur son Linkedin que les mots ‘ chômeur ‘ ou ‘ étudiant ‘ par exemple. C’est beaucoup plus attractif pour les recruteurs. En même temps je me dis, c’est pas idiot de se doter du titre d’entrepreneur quand on cherche du boulot parce que finalement la recherche d’un job c’est un peu comme être à la tête d’une startup en pleine levée de fonds. Il faut :

  • Créer son business model ; c’est à dire votre job idéal,
  • Construire son business plan et sa valorisation ; c’est-à-dire combien vous valez et combien vous voulez gagner,
  • Ecrire son deck ; c’est à dire votre CV,
  • Préparer son pitch, sans oublier le Q&A ; c’est à dire préparer votre entretien,
  • Et réfléchir à votre traction ; c’est-à-dire vos compétences.

Dernier détail mais pas des moindres, si vous voulez faire genre entrepreneur et baigner dans l’univers des startups, n’oubliez pas de glisser quelques anglicismes dans votre fameux « pitch ».

Et je voudrais vous dire, vous les amoureux de la langue française, veuillez excuser tous les expatriés que nous sommes, quand nous parlons mi-français, mi -startup, car je vous promets que nous ne le faisons pas exprès !  Alors la prochaine fois que vous entendez dans une conversation des mots du genre VC, lead, seed, Valo, API, MVP , dashboard, KPI, shares…

S’il vous plaît, ne croyez pas « qu’on se la joue », bien au contraire, c’est parce qu’on ne sait pas traduire.  Parce que le bilinguisme, ce n’est pas facile.

En même temps faut bien s’y mettre à l’anglais, et ce n’est pas Emmanuel qui va me contredire parce que ça lui a bien servi le petit coup de fil de Barack, pour développer sa startup « En Marche »,  isn’t it ?

Et ce n’est pas parce que l’anglais est la Bête Noire de tous ces Français, qui ont appris la langue avec des profs d’anglais, d’origine française diplômée de Capes, mais qui aimaient le thé et la reine d’Angleterre, que cela doit empêcher La France de devenir la Terre des entrepreneurs ambitieux et cross-border.

Ah oui pardon encore un anglicisme.  Mais avouez que le mot « cross-border » a la classe, parce qu’en plus d’être américain il signifie « au-delà des frontières » et en ces temps qui courent qu’est-ce qu’il est bon de réinstaurer cette notion d’abolition de frontières, de citoyens et d’entrepreneurs du monde.

Parce que se cloisonner derrière nos frontières ça n’a rien de bon, ni économiquement, ni humainement, ni génétiquement d’ailleurs.

Et ce n’est pas moi qui le dit ce sont des professeurs du MIT qui se sont penchés sur la question de performance et qui ont démontré que les équipes composées de profils divers en terme d’ethnicité, de genre et d’origine sociale étaient beaucoup plus productives et créatives que les autres.

Et ça, les entrepreneurs de la Silicon Valley l’ont bien compris. Je vous ai déjà parlé de diversité dans ma chronique sur la food (et hop un autre mot anglais), mais je me permets d’en remettre une couche aujourd’hui !

Parce que pour l’entrepreneuriat la diversité c’est l’essence même de son existence.

Elle permet de comprendre son marché, d’identifier ses besoins, de créer de la valeur et surtout d’être une entreprise citoyenne du monde où la tolérance rythme avec performance.

Et c’est peut-être ça le secret des entrepreneurs qui réussissent, créer une culture atypique avec une âme et un capital humain issu de la diversité pour pouvoir conquérir le monde.

Alors quoi qu’on en dise, l’entrepreneur se doit de penser global avant même de déposer son statut et même si il ne parle pas encore anglais !

Car finalement ce n’est qu’un détail parce que l’entrepreneur est aussi un touche à tout, un travailleur acharné, un aventurier… Qui ne doit reculer devant rien !  Ni apprendre une langue étrangère, ni recruter un talent étranger.

Allez, je vous laisse car je dois retourner voir mes amis Bryan et Coumba, because they are waiting for me in the kitchen !

 

 

 

Barbara Meyer