S01E07 – De l’entrepreneuriat 2.0 : le fil de l’étonnement par David

by Économie et Gestion

Je vais vous faire une confidence j’adore créer et m’occuper de sociétés.
Des grosses, des petites, des jeunes, des vieilles, parfois plusieurs en même temps (et oui j’avoue !) : bref j’adore !
Bon alors ce n’est pas tout rose hein ! Parfois ça se termine en bon terme, parfois on ne se parle plus, parfois on a cru et multiplié, parfois… non !

Non mais en vrai, les entreprises c’est quand même compliqué parfois.
Surtout que de plus en plus on vit dans un monde globalisé, alors on ne réfléchit plus à l’échelle de son pays, on se dit que ses clients sont un peu partout. D’ailleurs certains pays sont tellement petits qu’ils se doivent dès le départ de penser global.
Et pourtant ce n’est pas évident de créer sa structure pour adresser plein de clients partout. Ils ne parlent pas la même langue, n’ont pas les mêmes attentes, ne sont pas habitués aux mêmes codes ; dans la pub, dans la façon de présenter ses produits.
Pourtant, mondialisation faisant, on n’a jamais vu autant de sociétés se lancer à l’assaut du monde, soit en embauchant des collaborateurs issus d’autres pays, soit en développant leur entreprise directement dans les pays de leurs clients si ces derniers sont d’ailleurs.
Et du coup cela crée mille et une opportunités de voyager pour le travail. Moi, la première fois, c’était en Californie au début des années 2000.
Cela dit, j’avais déjà pris ma première claque en y faisant mes études, aux États-Unis, à Cincinnati.
C’était rigolo, à l’époque on n’avait pas autant accès aux mille et une fenêtres sur l’autre que nous avons aujourd’hui via internet et la facilité procurée de déplacement.
Mes amis étudiants américains me demandaient si je voyais la tour Eiffel de ma fenêtre, chez moi à Paris, quelque part dans une entité pas très bien déterminée pour eux qu’on appelait l’Europe. Et on me demandait pourquoi je ne rentrais pas le weekend ? Chez moi ?
Que de changement tout de même !
Cela a créé des générations d’expatriés, pour un temps… pour toujours.
Ces mêmes expatriés qui – tels les Indiens dans la Valley – sont pour certains rentrés en Inde pour fertiliser leur économie d’origine, l’économie indienne, de ce qu’ils ont appris en Californie. Et bien d’autres exemples encore dans bien d’autres contextes…

Alors vous je sais pas, mais moi je m’interroge.
Est-ce qu’on part à l’assaut du monde par envie ou par nécessité au XXIème siècle ?
Est-ce qu’on part principalement pour revenir ou pour rester dans son pays d’accueil ?
Et le mal du pays, est-ce que ça passe ?
Et les études à l’étranger, alors qu’à priori on sait qu’on va rentrer, ça compte déjà ou pas ? Ça voudra dire quoi demain la citoyenneté si on peut changer de pays comme de chemise, et puis est-ce vraiment si simple que cela ? Et est-ce vraiment sans risque ? Devient-on un traître à sa patrie si on la quitte pour travailler et entreprendre ailleurs… ?

David Melki