S01E05 – Du tourisme 2.0 : La chronique d’Anna

by Sports et Loisirs

Le jour où… Je suis partie en Inde.
À l’heure actuelle, quand on prépare n’importe quel voyage dans le monde, on va sur Internet. On tape les dates, la destination et bim, on est submergé : d’informations, de promotions, de vols, de forums et d’avis, de webzines, de descriptions, de blogs, de photos et parfois même… du film du voyage qu’on s’apprête à faire.

Quand on est une (ex-)angoissée comme moi, cet océan d’informations ne peut signifier qu’une seule et unique chose : Internet m’offre à chaque fois la délectable mais démoniaque possibilité d’anticiper tout ce qui pourrait foirer durant mon séjour.

Et quand on pousse un peu trop loin les investigations comme moi, il y a de quoi perdre la boule de terreur. Il m’a suffit de cliquer sur les risques de maladies par pays de l’institut Pasteur ou du site de santé et voyages astrium.fr.(La fiche de l’Inde qui m’a bien angoissée avant mon départ.)
Je vous renvoie d’ailleurs à l’excellent film Contagion de Steven Soderbergh qui vous empêchera de dormir pendant plusieurs jours (à mon humble avis de flippée chronique).

En général, je finis par hyper-ventiler sur mon sofa, une fois tombée sur les statistiques de crash de la compagnie aérienne que je viens de booker sur Opodo.

Mon voyage, c’était l’Inde et c’était prévu pour le mois de décembre.
4 jours dans la capitale Mumbai et 2 semaines au Nord de l’état de Goa.
Programme de rêve, n’est-ce pas ?
Ce voyage, je le désirais zen, dépaysant et très TRÈS yoga. Ce ne fut pas du tout le cas.

En un coup de googlemap, un petit tour sur booking.com ou tripadvisor et hop ! J’ai pu tout programmer, plusieurs semaines à l’avance, et depuis l’autre côté du globe. Et cela vous semble normal ? J’ai beau y être habituée, je trouve cela complètement dingue quand on y réfléchit deux secondes.

MAIS LA TECH A SES LIMITES.

On a beau préparer (ou pas) son voyage, acheter des guides, programmer des parcours, lorsque le périple réel commence, c’est toujours une nouvelle dimension. Au final, je peux aujourd’hui affirmer que rien de ce que j’avais lu ou vu sur le web ne m’avait préparée à la violence et la magnificence de Mumbai, ni à la solennité de certaines plages d’Arambol.

Pour l’anecdote, mon aventure indienne a commencé dès l’avion.
Je suis arrivée en miettes à la douane parce que j’ai eu la brillante idée de me faire un petit rappel de vaccin contre le tétanos et la polio le matin même de mon vol. J’ai fait une méchante réaction au dessus de la mer noire. J’ai fini par dégobiller l’intégralité de mon plateau repas dans mon sac duty free. Total, l’équipage a un temps voulu me mettre en quarantaine à l’atterrissage, jusqu’à ce que je leur explique ma situation entre deux hoquets nauséeux, papiers à l’appui.
Ce fut, à n’en pas douter, un épisode MAGIQUE de mon existence.
Mais après ça, pour l’ancienne émétophobe*  que je suis, ce fut le signe que rien de pire ne pouvait m’arriver au pays du Taj Mahal.
À force de lire le vécu des autres sur la toile, je me suis rendu compte que ma part de fantasme d’aventure Indienne s’était réduite à la simple notion de peur.
Finalement, Il existe une immense différence entre la connaissance des choses et leur expérimentation.
Entre la préparation et l’action.
Entre ce que l’on croit savoir de l’autre et la rencontre avec Lui,
En outre, les émotions ressenties, la proportion des paysages, ou encore les odeurs ne sont pas numérisables.
Enfin… Pour le moment.

 

*https://fr.wikipedia.org/wiki/Émétophobie

Anna Solachine